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Ce livre est composé de lettres. Celles regroupées sous
le titre Un retour inventif à la notion d'Humanités
ont été adressées à Heinz Wismann en juillet
2003. Les sept lettres suivantes, Sur l'insomnie des langues, écrites
en juillet 2004, sont destinées d'abord à Pierre Judet de
la Combe, le coauteur de L'Avenir des langues (Cerf, 2004). Mais
au-delà de ces premiers destinataires, l'auteur s'efforce de proposer
un moratoire dans les querelles qui peuvent accroître le déclin
de la culture classique, loin d'en être le remède.
Le point de reboussement qui peut neutraliser les différends entre l'herméneutique critique, l'anthropologie et l'humanisme an-historique (chacun avec ses hauts représentants : Jean Bollack, Jean-Pierre Vernant, Jacqueline de Romilly) est cet axiome très simple qu'à l'étage secondaire, les études entreprises sont à considérer sous le signe très large de l'institution du genre humain, non celui d la science, dont l'Université est le lieu légitime.
On devine aisément que toute cette réflexion concerne non seulement les Lettres proprement dites, mais les "disciplines du sens" (littérature, histoire, philosophie) qui pourraient utilement, contre le subjectivisme des savoirs de "puissance", rendre force et dignité à un savoir "moral", par exemple à travers les notions de canon, de modèle, de
mimèsis, d'appropriation, voire d'édification. Il est
visible qu'au-delà est nécessaire une nouvelle pensée
du maître.
Touchant le point précis de la culture gréco-latine, la
première conclusion de telles prémisses consiste à
mettre au second rang l'étude des langues, et à privilégier
(à généraliser) le commerce intensif avec la traduction
(I,7 ; II,7), dont on propose ici quelques essais sur des pages d'Augustin,
de Virgile, de Thucydide, de Parménide.
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